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La musculation combinatoire ?

Posté le 15 mars 2016

L’INSEP  ( Institut National des Sports et de la Performance)  propose  des rencontres thématiques dans le cadre de présentations d’ouvrage,s de la formation continue et du partage des connaissances auprès des encadrants, entraineurs, préparateurs physiques des nombreuses disciplines olympiques mais aussi aux étudiants de l’INSEP.

Dans le cadre de mes activités de préparateur physique au Pôle Espoir de Gymnastique Rythmique d’Evry, j’ai pu suivre et découvrir l’ouvrage de Norbert Krantz et Anne-Laure Morigny sur la Musculation Combinatoire.  Site Livre la Musculation Combinatoire

Dans une activité de préparation physique, il est très important voir essentiel d’être en constante veille scientifique, technique et culturelle afin de ne pas être coupé des évolutions parfois rapides du monde sportif et de ces nouveautés.

La musculation combinatoire est une méthode de travail physique visant à faire interagir des combinaisons d’exercices afin de complexifier par plusieurs leviers un exercice de musculation  classique. Durant une série d’un exercice donné, il pourra être demandé d’intégrer un exercice de coordination ou un geste technique se rapprochant de la logique interne de la discipline escomptée (escrime , basket…).

Quelle est l’idée de départ ?  Pourquoi intégrer du spécifique ? 

L’idée est née du manque de temps et de variété dans les exercices de réathlétisation ou de musculation. Ainsi pour un sportif blessé ou en formation, il peut être associé un travail de force et de coordination et ainsi gagner du temps de formation, developper de nouvelles compétences.

Bien souvent le postulat de départ en préparation physique vise à voler autour de la combinaison Force *Vitesse = Puissance.  Mais la précision du geste est plus complexe. Le travail de navette entre les qualités physiques doit intégrer d’autres paramètres faisant appel à la logique interne de la discipline et donc peut être rendu visible selon un rapport  :

Force / Vitesse / Endurance / Coordination / Souplesse.

Le travail de navette entre ces paramètres visera à solliciter ces facteurs et donc à tenir compte des variations d’angle des segments spécifiques à la discipline.

Trois temps de travail sont observés en préparation physique :

1er temps de travail : Il y a un déséquilibre entre le travail des agonistes et des antagonistes donc blessure,

2eme temps de travail : Il n’y a parfois que des muscles trop superficiels de solicités,

3eme temps de travail : Il faut travailler la vitesse dans les conditions de terrain ou match.

Il peut donc être proposé des combinaisons d’exercices avec des actions cognitives, sensorielles, kinesthésiques et donc détourner l’exercice premier d’une machine et en y mettant de l’intelligence et de la spécificité.

Réflexion de Thierry Blancon :

Non pas 2+3=5.  Mais 2*3=6. Soit un résultat supérieur pour des valeurs initiales identiques.

A. Les variantes peuvent être de l’ORDRE. (orientation, réaction, dissociation, rythmique, équilibre)

Objectif 1er est le développement du schéma moteur, ce qui a un grand intérêt chez  les jeunes.

B. Le deuxieme facteur important est le couplage de deux mouvements avec des variations de doubles charges visant à un niveau de fluidité élevé.

De là deux possibilités : 1. créer une nouvelle variante / 2. augmentation de charge.

Ainsi une présentation d’un grand nombre d’exercices via des vidéos a été faite.

Ainsi une ouverture via de nouvelles relations, nouvelles fenêtres a pu être proposé.

Il reste un travail de base en musculation classique qui peut être proposé (exercice isolé à force max par exemple). Puis détourner un outil simple de musculation dans une stratégie de préparation physique. Et mentale….

Cela crée une ouverture vers une nouvelle musculation déséquilibrée afin de continuer à perturber l’athlète, ses réflexes et habitudes…

 

La musculation combinatoire et le placement de ces exercicies peut être plutôt en début de séance car il demande de la fraîcheur mais il semble très intéressant de les proposer aussi en fin de séance afin de travailler en sur-fatigue.

En terme de périodicité, il faut faire attention de ne pas sur-solicitter trop de spécifique afin de limiter les risques de blessure (« Spécifique + spécifique = infirmerie »).

1.Le couplage des exercices augmenterait le recrutement musculaire. Création d’une synergie.

  1. Si l’athlète est expert, il n y a pas forcément de dégradation de la qualité d’un des deux exercices lors du couplage.
  2. La disponibilité mentale est très importante, il faut faire attention au burn-out chez le sportif de haut niveau. Attention aussi à l’échec. Revenir sur une situation plus basique.

Synthèse et perspectives :

Une telle méthode permet un enrichissement des programmes moteurs, des patterns moteurs,  des habiletés, des degrés de précision.

Ainsi, il est possible d’ouvrir, tester, rechercher de nouvelle méthodes et exercices afin d’enrichir le bagage technique du sportif : exemple faire travailler sur des situations standards avec du bruit positif ou négatif afin de varier l’environnement.

Cela apporte une nouvelle voie vers la créativité afin de savoir s’enrichir, de savoir créer, de savoir s’adapter pour créer du lien et peut être rattraper du temps perdu suite à une blessure.

Ce courant va vers la complexité, voire travailler en miroir sans complexité pour l’adversaire ainsi orienter mentalement l’adversaire (travail de renforcement mental)

Cela conduit a des ouvertures pour les gyms et leurs placements…

Voici le lien vers le site de Norbert Krantz