Conseils Témoignages

Performance en Ironman : Entrainement et Préparation. ACTE II.

Posté le 8 septembre 2016

Lorsque l’on surf sur les sites internets à la recherche d’informations sur « comment préparer un Ironman », nous pouvons lire une multitude de récits, d’articles portant sur des domaines aussi variés que le matériel, la diététique, les séances types…   L’ensemble de ces informations sont bien entendu toutes très intéressantes et présentent le travail des coachs, entraineurs mais aussi le vécu des athlètes.

Comme nous l’avons vu dans mon précédent article, la programmation de l’objectif et le cheminement qui va être emprunté sont deux données très importantes. Ainsi selon le niveau de l’objectif (finir un ironman, améliorer un temps, jouer une qualification…), le temps et la complexité du travail ne vont pas être les mêmes.

A. Définir clairement et sincèrement son objectif

  1. Une fois posée la date de l’épreuve, il faut définir l’objectif de cette participation par le biais d’un questionnement (qu’est-ce que je souhaite : finir, réaliser un chrono…).  De cette manière, les bornes et objectifs de travail peuvent être posés. Nous pouvons utiliser une technique emprunter du marketing, régulièrement utilisé en coaching en « créant des objectifs S.M.A.R.T » qui est un acronyme. Ainsi l’objectif doit être « S »pécifique et clairement défini,  « M »mesurable avec des indicateurs chiffrés, « A »cceptable et pouvant être atteint par le sportif, « T »emporel  avec une date de début et de fin de l’objectif.Une fois l’objectif réalisé, ce dernier doit être « E »valuable et « R »éévaluable.
  2. Observer et relever les spécificités du parcours : il faut savoir que chaque athlète possède un profil différent certaines courses peuvent s’avérer de mauvais choix tactique (même si intéressante du point de vue plaisir) et donc demanderont un travail supplémentaire.
  3. Définir et accepter la stratégie de travail. Cette dernière ne peut être mise en place qu’en fonction des deux points précédents. Cela semble tout à fait logique mais n’est dans les faits pas toujours respecté.

Une fois cette opération effectuée, nous allons pouvoir entrer dans le vif du sujet : l’entrainement.  Depuis plusieurs années et au fil de mes formations et expériences, j’ai conforté l’idée : qu’un excellent coureur de longue distance, est capable d’aller vite sur moyenne distance, très vite sur courte distance. Cela nécessite donc de créer un profil complet de l’athlète dès sa formation puis de l’expertiser dans une filière. Dans le contenu du travail, cela permet donc de réinvestir des séances de rythme à haute intensité et donc d’apporter un aspect plus ludique mais aussi de constamment recréer des stimulations.

B. Mise en place de la préparation physique et des entrainements

d.r : Renaud Melland

Préparation Ironman

  1. Le principe de l’entonnoir :  nous pouvons penser l’organisation du travail sous forme d’un entonnoir. Dans ce contexte, la partie large (collecteur) correspondant à une amplitude des intensités de travail (des très basses intensités vers les très hautes intensités). L’idée étant de développer l’ensemble des qualités motrices, physiologiques et musculaires de la manière la plus harmonieuse. Plus le travail commence tôt, plus le travail peut être qualitatif et riche en diversification.
  2. Un travail de strates : A l’image d’une voiture, le corps humain possède différentes vitesses. Selon les individus, certains secteurs seront plus propices qu’à d’autres. Cela fait appel à la constitution génétique de l’individu mais aussi à son passif (stimulation reçue depuis son plus jeune âge). Ainsi, durant la première période de travail, il va être surtout recherché à developper le moteur de l’individu (très haute intensité : PMA et + ainsi que jusqu’aux très basses intensités avec l’oxydation lipidique). En passant par les seuils aérobie et anaérobie.
  3. Le rétrécissement de l’entonnoir : il correspond aux intensités proches des allures de course. Ce travail est spécifique et vise à encadrer (stratégie de course) les allures de l’épreuve. Il s’opère généralement durant les 6 à 8  semaines précédent l’épreuve. Les entrainements peuvent se faire sur trois plans physiologiques (1. un travail à la sensation : perception de l’effort  / 2. un travail à la fréquence cardiaque : aspect cardiovasculaire/ 3. un travail à l’intensité Vitesse ou puissance : plan biomécanique). L’intérêt d’une bonne collecte des données permet donc de comparer les séances et les résultats.

 

C.  Mise en place de la stratégie de compétition et respect de celle-ci :

  1. Au cours des entrainements une stratégie a été évoquée et peaufinée. Les répétions lors des entrainements et compétition ont permis d’en tirer des conclusions.  Selon les résultats obtenus au fur et à mesure des séances et des épreuves, des ajustements ont pu être opérés.  Tout un travail de coaching, de tests, et d’allure ont pu voir le jour afin de préparer au mieux l’épreuve. Ce travail vise à réduire les zones d’ombre et donc créer une musique avec son propre rythme. Le jour J, il suffit de la suivre et d’en respecter les notes. Si le plan est bien construit, l’ensemble des éventualités ont pu être prise en compte et ainsi l’athlète sait ce qu’il a à faire.
  2. Le respect du stratégie : bien entendu chacun aura son point de vue sur la pertinence de tel ou tel entrainement. La seul limite à l’entrainement est la créativité de l’entraineur. Les athlètes aiment apporter leur avis sur tout, c’est la nature humaine. A l’image du foot, chacun à son idée sur la composition de son équipe nationale. C’est de même dans tout les domaines du sport et surtout celui du sport d’entrainement en endurance. La seul recette qui fonctionne est celle que l’on s’est fixée. Conserver sa ligne directrice ou celle que votre coach vous à aider à définir. Il faut respecter ce travail et ainsi effectuer régulièrement des feedbacks afin que les deux parties soient transparentes et en adéquation.  Cela vaut pour les intensités de courses, le choix du matériel , mais aussi la diététique de course.  Ce qui convient à certains ne conviendra pas à d’autres, c’est la base de personnalisation…  il y a donc des choix qui s’opèrent et il faut les appliquer.

 

Nous verrons par la suite le type de compétition à réaliser ainsi que la construction des entrainements.