stephane Jacquet Championnat du monde
Témoignages

retour de Stéphane sur World Cross Triathlon.

Posté le 12 octobre 2015

La régularité dans le travail ainsi que dans l’entrainement  finit par payer… La réussite dans son projet nous permet de nous construire et de vivre, de partager des émotions fortes.

 

Objectif atteint aux championnats du monde de cross-triathlon

Le 27 Septembre, j’ai eu le plaisir de participer aux championnats du monde de cross-triathlon, à Orosei, en Sardaigne. J’ai obtenu mon dossard en terminant deuxième de ma catégorie, aux championnats de France qui ont eu lieu à Saint Bonnet, en Auvergne, au mois de Mai.

Oubliée la boue auvergnate et place au sol sec et caillouteux de la Sardaigne. Après un périple par la Corse, je passe en Sardaigne en bateau et je suis parti pour la traversée d’une partie de l’ile (160 kms). Arrivé à Orosei, j’en prends plein la vue : plages désertes, eau verte et montagnes qui s’élèvent dans le parc régional. Je commence à voir des triathlètes qui roulent sur des VTT…improbables et là je comprends que je suis à la « Mecque » du cross-triathlon. Les italiens l’ont joué conviviale en installant le village sportif au milieu d’un camping, dans une forêt qui donne sur une plage idyllique. Il me reste un défi : remonter entièrement mon VTT qui est complètement démonté dans la valise vélo ! Le briefing de l’équipe de France est très complet…nous sommes 48 à défendre le maillot tricolore. Les corses demandent même s’ils pourront faire figurer une tête de Maure sur les maillots français ! Une dernière épreuve m’attend avant le coucher…celle de la pizzeria italienne, repaire de l’équipe d’Italie, d’où je ressors la tête explosée tellement ils parlent (ou plutôt…ils crient). 2 vagues sont au programme le lendemain : celle des moins de 50 le matin et la mienne l’après-midi (c’est moche de vieillir !). Le lendemain, je reste à l’hôtel pour préparer le vélo et je décide d’aller prendre quelques photos pour décompresser. Arrivé sur site à 13h, je découvre le parc à vélos et l’ambiance sympa qui y règne avec toutes ces langues et les couleurs des maillots nationaux. C’est sur que la vague des plus de 50 ans n’est pas le magasin A et F de Paris (avec ses gogos danseurs pseudos vendeurs), mais c’est avec respect que je salue mes voisins japonais et tchèque. Les autres français sont là, certains visent le titre. Moi je me contenterai bien d’un top 20 ! Un des concurrents profite de la course pour faire sa déclaration de mariage à sa belle…ce qui met dans l’ambiance romantique et italienne, mais nous ne sommes pas venu pour cela. La mer est à 24 et c’est en trifonction que nous allons devoir parcourir 2 boucles pour la natation. Le départ des féminines est donné 10 minutes avant, il va y avoir du grabuge sur la partie VTT ! C’est parti pour la natation, je cours le plus longtemps possible, à la corde pour gagner le plus de temps possible. A la fin de la première boucle, je regarde mon chrono…12 minutes, je suis dans le timing que je me suis fixé. L’australienne sur le sable démonte un peu les pieds et nous voilà repartis. La sortie de l’eau se fait en moins de 26, il reste 300 m pour aller au parc et c’est parti pour le VTT, que j’appréhende à cause des descentes dangereuses et caillouteuses. Un français, le matin même, s’est vautré et arbore une quarantaine de points partout sur le corps. Je n’ai personne pour me ramener…il faut donc gérer dans les descentes. Enfin un vrai parcours de VTT, avec 2 gros portages annoncés et 3 belles montées (donc 5 descentes à faire deux fois !). Je remonte plusieurs concurrents sur les côtes mais je perds cet avantage dès que les descentes commencent, je vois passer des « missiles » dans tous les sens alors que je suis debout sur les freins. Enfin, un peu de roulant où je peux dépasser les 35 km/h et monter qu’à Draveil « on est des rouleurs ». A la fin de chaque tour, on a droit à une « montée impossible » autour de laquelle la foule s’est massée pour nous encourager à ne pas mettre pied à terre. 12 % dans la caillasse et les racines, il faut bien anticiper le parcours et ne pas s’enflammer…je les passe à 8 km/h, mais je ne mets pas le pied à terre ! Enfin nous rentrons au parc, avec les jambes un peu lourdes. C’est maintenant que je vais me « lâcher ». Le trail n’est pas pentu mais nous courons les 10 bornes sur la plage, dans le sable ! Difficile de tirer une bonne moyenne. Et pourtant je pars bille en tête, bien décidé à me refaire au classement. Je sais que je ne risque plus la chute alors « j’envoie le steak ! ». Je passe plusieurs concurrents sans jamais me faire rattraper ; à chaque fois je regarde la jambe pour vérifier si on joue dans la même catégorie…je reprends donc une dizaine de concurrents de ma catégorie, ce qui me rassure. L’arrivée se profile et le manger de la team France me donne un petit drapeau tricolore pour franchir l’arrivée…après 43 minutes de trail (le vainqueur de ma catégorie n’a mis que 2 minutes de moins). Voilà c’est fait…17° chez les 50-55, c’est cool, car je voulais un top 20. Deux français sont sur le podium (le champion de France V 3 en longue distance…ça cause !). La suite ce n’est que du bonheur : grosse réception le soir avec buffet gargantuesque autour d’une super piscine, avec les autres français et une grande partie des concurrents. Tout cela pour une centaine d’euros de frais d’inscription, on est loin des franchises type Ironman et le spectacle est identique !

Alors n’hésitez-pas à vous inscrire aux championnats de France pour ramasser un slot sur une de ces compétitions, c’est toujours un grand moment que de se confronter avec des concurrents étrangers du même âge (et puis cela me fait bosser mon anglais !).

 

stéphane J 2

Le retour en France est plus compliqué car le petit avion qui relie Figari à Marseille est blindé de bagages et deux passagers gênent tout le monde avec des bagages hors format : ma valise de VTT et…les fusils de chasse sous-marine d’un certain Lizzarazu ! Dans cette galère nous sympathisons, ce qui me vaut le droit de faire cette petite photo souvenir.

Que de bons souvenirs, je vous disais. Pourquoi pas l’Australie l’an prochain ?

 

Stéphane Jacquet dixit Professor

Lien vers le site Draveil Triathlon 2000